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Alain Foka, la voix camerounaise de prestige à Radio France International Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

Par Camerexpress

Depuis de 16 ans, il présente des émissions très écoutées, surtout en Afrique. Rencontre.

 


                                                                                    Alain Foka

 


Avez-vous toujours voulu faire ce métier? Quand décidez-vous de devenir journaliste ?
C’est à l’âge de 6 ans que j’ai su que je voulais faire ce métier. Mon père avait un ami journaliste et moi-même j’écoutais deux journalistes à la radio, Jean-Vincent Tchienehom et Georges Collinet. Ces 2 personnes m’ont donné envie de devenir journaliste.

Pouvez-vous nous raconter votre enfance ?
(Rires) Je suis né à Douala, fils de policier. Puis j’ai fait le lycée à Bafoussam, c’était les dernières années de travail de mon père. Enfant turbulent, j’ai été exclu, j’ai donc passé mon Baccalauréat à Mbouda. Je me suis ensuite retrouvé en France à faire une année de classe préparatoire pour essayer d’intégrer Sciences-Politiques et faire une école de journalisme simultanément. Mes études finies, ma première expérience de radio sera à France Inter, je faisais les flashes infos, puis je suis allé à Europe1 tout en travaillant à la 5, chaîne de télévision de Silvio Berlusconi. Je suis entré ensuite dans la société Reportage comme journaliste reporter d’images en Afrique et de là je suis entré à RFI.

Très peu de gens savent que vous avez travaillé à la télévision comme producteur de documentaires ?
C’est assez personnel pour moi. On ne fait pas toujours de la télévision pour se montrer mais pour montrer quelque chose. J’ai en effet une société de production qui existe depuis 1992, Phoenix Productions Media, ayant fait des documentaires pour plusieurs chaînes comme Planète, France 2 ou TF1.

 

Bon et mauvais souvenirs du métiers ? racontez nous !
Le moment le plus difficile fût le Rwanda, cela m’a marqué profondément, je ne préfère pas en parler et c’est assez complexe. Il y’a aussi la chute de Mobutu et du Président Pascal Lissouba dans les deux Congo. Pour ce qui est des moments positifs, il y a l’interview de Nelson Mandela à Johannesburg en 1997 et au chapitre des regrets, j’aurais aimé rencontrer Barack Obama, mais il y a eu des problèmes de formalités.

On vous caractérise d’afro-optimiste, qu’en dîtes-vous ?
Plutôt afro-réaliste. J’ai commencé le métier quand on ne parlait pas de l’Afrique – et on en parle pas encore assez – ou quand on parlait, c’était par clichés, on n’était pas loin de Tintin au Congo. On m’a trouvé afro-optimiste parce qu’enfin je parlais différemment de l’Afrique, en montrant ce qu’il y a de beau. Je pense que par la force des choses, par le nombre de ressources humaines, l’Afrique est un continent de l’avenir. On est au moment où les vieux grigouts qui ont le pris le pouvoir au lendemain des indépendances sont morts ou en train, Dieu merci. Les jeunes qui arrivent aux affaires ne pourront plus répéter les mêmes erreurs, ils ont fait leurs études ailleurs et ont vu le monde.

Retournez-vous souvent au Cameroun ?
Pratiquement toutes les 2 semaines.

[b Il y a beaucoup de camerounais en France dans le domaine du journalisme, êtes-vous en contact avec eux ?
Je ne les regarde pas en tant que camerounais, mais en tant que collègues. Effectivement, il y a beaucoup de journalistes camerounais en France et même à Rfi. Je pense que c’est parce que la plus grande école de journalisme en Afrique était au Cameroun, par conséquent une tradition de journalisme est née dans le pays. Pour ceux qui vivent et travaillent ici, je ne les vois pas tous. Néanmoins J’ai beaucoup d’amis voire des frères: Amobé Mévégué, Marie-Roger Biloa, Denise Durand Epoté, Elisabeth Tchoungui, Constant Némalé…

Y-a-t-il des problèmes d’affairistes de la part des journalistes lorsqu’ils évoquent le continent ?
Affairiste je ne sais pas, c’est une critique assez facile. Puis en Afrique il existe encore un gros complexe des dirigeants africains qui préfèrent encore être interrogés par le «blanc», c’est dû à leur génération. Je trouve qu’on n’a pas assez d’espace pour parler, pour s’exprimer, «se lâcher» en Afrique. C’est-à-dire qu’on a de bons journalistes qui ne peuvent pas travailler pour des groupes de presse africains, et les journalistes dans des groupes de presse européens ne s’occupent pas forcément de l’Afrique. Donc j’ai de la chance.

Peut-on rêver un jour que vous animiez une radio camerounaise ?
Je ne crois pas, je ne veux pas me réduire au Cameroun, je me réjouis d’avoir des auditeurs dans l’ensemble du continent. Je me sens partout chez moi en Afrique.

Quel est votre rêve?
Aller en vacances avec mes enfants.

 

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