Par Idriss Linge
Une délégation du ministère de
la femme est actuellement à Foumban dans la région de l’ouest du
cameroun, pour le lancement des activités
Foumban, tout un symbole!
Ce vendredi 23 juillet 2010, la ministre en charge de la femme et de la
famille procèdera au lancement des activités marquant la célébration de
la 48ème édition de la journée de la femme africaine, qui se célèbrera
le 31 juillet prochain sur le continent. Une cérémonie qui aura lieu à
Foumban la principale ville du département du Noun, une localité de la
région de l’ouest du cameroun et en pays Bamoun. Le choix de cette
région est tout un symbole. Au sein de la population musulmane de cette
localité, les femmes font l’objet de traitements difficiles et parfois
silencieux de la part des hommes. Une réunion préparatoire à cette
rencontre de Foumban a eu lieu le mardi 21 juillet dernier à la
délégation régionale du centre, du ministère en charge des questions des
femmes. Le thème de cette journée est déjà connu, la situation de la
femme africaine: défis et enjeux. Le thème choisi cette année par
l’union africaine s’inscrit dans un contexte marqué par la célébration
par plusieurs pays africains dont le cameroun. Le gouvernement voudrait
donner à l’évènement une connotation particulière. La semaine d’activité
en célébration de l’évènement sera constituée de campagnes médiatiques,
des tables rondes, des causeries éducatives, des conférences de presse
et d’une marche athlétique. S’adressant à la presse, le ministre Marie
Thérèse Abena Ondoa Obama, a annoncé la tenue le 31 juillet d’une foire à
yaoundé. Une occasion pour les femmes de montrer leurs savoir-faire
dans différents domaines, a dit la ministre.
Toujours aller au-delà des
célébrations
48 ans après la célébration de la première journée de ce genre, les
observateurs s’étonnent de ce que la situation de la femme africaine
demeure préoccupante. Dans le contexte spécifiquement camerounais, les
femmes vivent une situation à deux vitesses. La femme des zones urbaines
a presque réussi à s’imposer et faire respecter l’ensemble de ses
droits. Beaucoup d’efforts restent encore à faire en ce qui concerne la
femme rurale, où celle qui bien que vivant en ville, est intégrée dans
un environnement où s’épanouissent des personnes qui se réfèrent aux
règles de vie appliquées en zone rurale. Ces femmes-là parfois ignorent
même qu’elles ont des droits, et très peu ont une connaissance claire de
l’ensemble des règles qui les protègent. Pour les femmes qui ont fait
des études et qui ont une connaissance précise de leur droit, elles sont
rattrapées par ce que tout le monde surnomme la réalité africaine. Au
nom de cette réalité, les veuves sont fréquemment tenues pour
responsables de la mort de leur mari et dépossédées de tout droit sur le
patrimoine du défunt, les jeunes femmes très instruites et
professionnellement intégrées vivent de nombreuses stigmatisations de la
« société africaine ». Les familles les trouvent trop dangereuses pour
les maris. Dans leur travail, elles souffrent d’un harcèlement
silencieux. De petites imperfections de la législation continuent de les
léser dans le mariage. L’adultère de la femme reste réprimé dès le
premier indice de faute. Quant au mari il faudrait que le fait soit
attrapé sur le lit conjugal. Face à ces nombreux exemples, les experts
affirment que les célébrations ne servent à rien si à chaque fois aucun
bilan n’est fait. La meilleure gestion du droit des femmes demande que
les africains gèrent le problème au cas par cas, et surtout que le
problème n’est pas celui d’un conflit hommes-femmes, mais plutôt celui
d’une meilleure prise en compte de l’importance de la femme dans le
système social.
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