Par Camerexpress
Le musicien, chantre de l'assiko
moderne, est décédé ce 23 juillet 2010  © Jean Pierre Esso/Okabol.com
Jean Bikoko le 4 juillet 2009
au zenith de Paris
Décès survenu au cours d’une
intervention chirurgicale
L'artiste Jean Bikoko Aladin est mort de suite d’une intervention
chirurgicale à Yaoundé, la capitale camerounaise. Il souffrait de
zona, nous avons soigné pendant longtemps à Esaka, mais ils nous ont dit
que la situation devait être suivie à Yaoundé, a déclaré sa fille,
Aladine Bikoko. L’artiste souffrait de cette maladie, qui brûle la peau.
Toujours selon sa fille, c’est au moment où on l’a emmené pour lui
faire subir une chirurgie que l’artiste est décédé. Jean Bikoko était
âgé, et avait effectué une tournée en Europe l’année dernière. L’annonce
de sa mort continue de susciter une vive émotion dans l’univers des
artistes. c’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la
mort du doyen jean Bikoko, il laisse un grand vide dans l’univers
musical camerounais ; comme vous le savez sa musique a inspiré de
nombreux jeunes chanteur camerounais, donc c’est une nouvelle vraiment
triste, a affirmé Odile Ngaska, la présidente du conseil
d’administration de la structure en charge des droits d’auteurs musicaux
au cameroun. Auteur, compositeur et interprète, Jean Bikoko Aladin
faisait partie des doyens de la musique camerounaise. Il est celui qui
le premier, a rendu commercial un rythme particulier dansé en pays Bassa
au cameroun, l’Assiko. Malgré la force de l’âge, il chantait encore et
donnait des concerts. Il est revenu sur le devant de la scène, grâce à
l’enregistrement de nouveaux titres en 2003 et une tournée en Europe à
l’été 2009, qui l’a emmené au zénith à paris et en Belgique. L’un des
derniers concerts, une vraie réussite, c’était au zénith de Paris en
2009, à l’invitation de la communauté camerounaise. Les spectateurs
présents étaient unanimes, le chanteur avait retrouvé la fougue d'un
garçon de 20 ans dès qu'il est monté sur scène; son jeu de guitare était
de leurs avis resté intact. Jean Bikoko laisse derrière lui un vaste
héritage musical.
© Jean Pierre Esso/Okabol.com
Jean Bikoko Aladin en compagnie de Belka
Tobis (à droite) lors d'un concert à Paris en 2009
Une carrière dense
Jean Bikoko Aladin débute sa carrière musicale en écoutant Albert
Dikoumé, considéré comme l’un des précurseurs de l’assiko contemporain.
Il se fabriquera alors lui-même une guitare qui devient sa principale
attraction et commence à jouer le soir dans des bars et des cabarets.
Plus tard, il ira à Douala où un jour, il rencontre le guitariste
Alexandre Ekong qui lui donne sa chance en l’introduisant à la radio. Le
public apprécie et c’est le début de la carrière de Jean Bikoko Aladin.
Quelques mois plus tard, en 1950, son premier 45 tours, « Mbimba/koo
wada a man lolo » sort, sous le label Afrique ambiance. Plus tard, il
monte son orchestre baptisé «Jean Bikoko et ses Hetlers». Son 2ème
album, « Wanda ntet », traverse les frontières du Cameroun. Jean Bikoko
qu’accompagne son groupe est alors invité à jouer dans plusieurs pays
africains. La renommée de Jean Bikoko Aladin continuera de s’accroitre.
Il aura assuré les premières parties de Tino Rossi, Claude François,
Johnny Halliday, Sylvie Vartan… Il est l’auteur de plusieurs titres à
succès dont « Di yanna » et « Hiki djam ligwe nguen ». En 2003, il
réalise « Um Nyobo » pour rendre hommage au nationaliste camerounais
Ruben Um Nyobè. En 2008, il sort « Assiko story ». En juin 2010, son
titre « Kon y bi kon » est inscrit dans la compilation de musique « Un
taxi pour Yaoundé ». Ses dernières années, Jean Bikoko Aladin les a
vécus à Eséka. Il laisse derrière lui des artistes prêts à porter haut
le flambeau de l’assiko, à l’exemple de Kon Mbogol. c’est notre
baobab qui est tombé mais nous nous devons de continuer son œuvre,
a-t-il déclaré sur les ondes de la radio nationale
Une fin de carrière difficile
A la fin de sa carrière l’artiste a vécu des moments difficiles. Il est
l’un des rares artistes musiciens camerounais qui ait vécu sa
cinquantième année de professionnalisme. Une occasion qu’il n’a pas pu
célébrer. J’ai essayé de tendre la main au gouvernement pour m’aider
dans cette tâche. Je n’ai jamais reçu de réponse. Il y a des artistes
qui fêtent des anniversaires de leur carrière avec l’aide financière du
gouvernement mais moi, on m’a abandonné. Nous ne sommes plus que deux au
Cameroun. Anne Marie Ndzié et moi. Elle a fêté avec faste ses soixante
ans de carrière en novembre dernier (2009). J’ai envoyé ma fille
plusieurs fois rencontrer les responsables du ministère de la culture à
Yaoundé sans succès a-t-il déclaré, alors qu’il est interviewé par
le site camer.be. Le King of Assiko comme on le surnommait dans son
milieu avait ces dernières années revisité son rythme lui apportant de
nouvelle retouche. Une initiative qu’il attribuait à la nécessité
évidente de s’adapter aux évolutions des cultures et du monde. A
l’ancienne époque l’Assiko était joué en acoustique (guitare,
bouteille, fourchette), j’ai innové en accélérant la rythmique avec
l’introduction de la guitare électrique, la contrebasse et les tambours,
aimait-t-il souvent à dire.
Aucune information n’a été donnée pour l’heure, sur l’organisation de
ses obsèques.
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