Par Camerexpress
De nombreux élèves de classes de première se rendent dans les centres d’examens pour avoir leurs résultats  © Journalducameroun.com
lycée de Nkolteton à Yaoundé, le suspens et la peur
Premières satisfactions
Les résultats du probatoire sont disponibles depuis la nuit du lundi 26
juillet 2010 dans la ville de Yaoundé, la capitale camerounaise. La
nouvelle a circulé très rapidement parmi les jeunes qui les attendaient.
Au Lycée de Nkoleton, malgré la nuit tombée, ils étaient plusieurs
milliers à venir assister à la lecture publique. De la joie pour
certains, mais aussi beaucoup de déception chez d’autres élèves. Les
statistiques officielles ne seront pas connues avant une semaine, mais
déjà, les responsables du centre d’examen de Nkoleton ont fait part de
leur satisfaction. Ebah est surveillant général dans cet établissement: Nous
sommes très contents déjà parce que les résultats sont prononcés sans
qu’on ne déplore un incident particulier, et même sur le plan des
résultats, nous voyons que les enfants ont très bien travaillé; vous
remarquez, je n’ai plus de voix, la lecture a été très longue a-t-il déclaré encore sous le coup de l’émotion. Pour plusieurs élèves, la nuit aura été longue. Je
viens d’arriver et ils ont fermé le portail je ne sais pas si j’ai eu
et là je suis très inquiet, personne ne me donne mon résultat
affirme Franck qui n’a pas suivi la lecture publique. Sur la base des
premiers commentaires effectuées par les responsables du centre
d’examens, il n’est pas exclu que les résultats 2010 du probatoire
soient aussi un record national. Il y a chez nous à Nkoleton, presque
toute une classe de première qui a été admise, sur 60 élèves
enregistrés à l’examen, presque 50 ont eu leur examen; et quand on sait
que le Lycée de Nkoleton est un Lycée difficile, je pense qu’au niveau
national ce sera un nouveau record.
L’examen maintenu malgré tout
Le probatoire général est un examen qui dans le système éducatif
camerounais conditionne le passage en classe de Terminale. 141 801
élèves des classes de première ont affronté le 15 juin 2010 dernier,
cet examen dont l’organisation est de plus en plus critiquée. La loi n°
98/004 d'orientation de l'éducation au Cameroun, promulguée par le
président de la République en avril 1998, laissait entrevoir la
possibilité de supprimer le certificat de probation. Les partisans de sa
suppression relevaient que des élèves très performants en année
scolaire se retrouvaient à reprendre la classe de première du fait du
succès exigé au probatoire. En Avril 2007, le ministre Louis Bapes Bapes
avait déclaré que cet examen serait supprimé du système éducatif
camerounais dès l’année scolaire 2007-2008. Une décision qui selon le
ministre visait à freiner le phénomène des élèves camerounais allant
passer le baccalauréat au Tchad. En accord avec cette logique, des
classes de terminales spéciales dans la vingtaine d’établissements
secondaires qui accueillaient les élèves camerounais ne pouvant réussir à
l’examen probatoire avant de les présenter au baccalauréat tchadien,
avaient été fermées au cameroun. Le gouvernement avait aussi demandé à
l’ambassade du Tchad au Cameroun de n'inscrire au baccalauréat tchadien
que des élèves camerounais titulaires d’un probatoire.
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la joie de ceux qui ont réussi!
Difficile de supprimer le probatoire
Il semble que la suppression ne soit plus à l’ordre du jour. Une des
conditions de sa suppression était de revoir le système éducatif
national en entier. Selon un responsable des Enseignements secondaires
qui en discutait après la publication des résultats, tant qu'on n'aura pas changé le système, le probatoire subsistera. C'est pourquoi selon lui, cette loi porte en elle-même les germes de sa non-applicabilité.
Une argumentation qui semble logique, au regard du texte évoqué. La loi
de 1998 prévoit par exemple que le BEPC soit passé en 2nde et non en 3e
comme actuellement, pour s'arrimer au sous-système anglophone. Une
modification qui demande une harmonisation des sous-systèmes anglophone
et francophone, assez différents dans la pratique. Mais dans les textes,
il n'est pas fait expressément mention de la suppression du
probatoire. En attendant la réforme ou non du système éducatif
actuellement en vigueur, la question sur l'utilité ou non du probatoire
continue d'alimenter les débats dans les milieux éducatifs. Un débat qui
n’intéresse plus ceux des élèves qui ont suivi ou lu leurs noms depuis
hier.
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